En Suisse, les services esthétiques ont explosé en volume et en sophistication en une vingtaine d’années. On est passé du “coiffeur de quartier + institut de beauté” à un véritable écosystème qui va du brushing au lifting, en passant par le Botox, le relooking et le personal branding.

 


1. Coiffeurs : du simple salon à l’« expérience beauté »

  • Il y a aujourd’hui plus de 13 000 entreprises actives dans la coiffure et la beauté en Suisse, et le secteur a presque doublé en 10 ans (+96,4 % de croissance du nombre de sociétés).
  • Le marché des salons se segmente par type de services (cheveux, peau, pieds, ongles) et par genre (hommes/femmes), avec une demande croissante de prestations combinées (coiffure + soins visage + manucure).

Évolution des prestations :

  • Avant : coupe, brushing, couleur, éventuellement mise en plis.
  • Maintenant :
    • Colorations complexes, balayages, ombré, services haut de gamme.
    • Soins du cuir chevelu, traitements anti-chute, kératine, botox capillaire.
    • Intégration de cosmétiques “clean” / bio et de marques premium, car la demande pour des produits naturels et personnalisés explose.
    • Positionnement “salon-experience” : café, wifi, ambiance design, forfaits mariage, shooting, etc.

Les grandes villes (Genève, Lausanne, Zurich, Bâle) concentrent des salons très spécialisés (cheveux bouclés, afro, vegan, barbershops premium), tandis que les petites villes et zones rurales restent sur un modèle plus généraliste.


2. Esthéticiennes & instituts de beauté : soin, bien-être et technique

En parallèle des coiffeurs, le nombre d’instituts de beauté a suivi la même tendance de fond : plus d’entreprises, plus de niches, plus de technologie.

Prestations typiques aujourd’hui :

  • Épilations (cire, sucre, laser en collaboration avec des médecins ou sous supervision médicale).
  • Soins du visage (hydrafacial-like, microdermabrasion, peelings doux).
  • Soins du corps : gommages, enveloppements, massages non thérapeutiques.
  • Onglerie (manucure, pédicure, gel, semi-permanent).
  • Technologies “soft” : LED, radiofréquence esthétique de faible intensité, pressothérapie, etc.

Le gros changement, c’est la montée du niveau technique et du marketing :

  • Les clientes (et clients) comparent en ligne, lisent des avis, comparent les photos avant/après.
  • Les instituts se spécialisent (anti-âge, minceur, cures détox, soins pour peaux sensibles…).
  • Dans les cantons urbains, certains instituts se positionnent comme “pré-étape” ou complément à la médecine esthétique (préparer ou entretenir la peau avant/après injections).

3. Médecine esthétique : un marché en pleine expansion

La médecine esthétique (injections, lasers, peelings médicaux, etc.) est de loin la partie qui croît le plus vite.

  • Le marché suisse de la médecine esthétique est estimé à environ 340 M CHF en 2022, avec une projection à 800 M CHF d’ici 2030 (CAGR ~11–12 %)
  • La demande est tirée par :
    • Une population au pouvoir d’achat élevé.
    • Une forte culture du bien vieillir sans “trop en faire” (résultat naturel, discret).
    • Le tourisme médical haut de gamme (patients étrangers venant pour la qualité et la discrétion).

Prestations phares :

  • Injections :
    • Toxine botulique (Botox & co) pour lisser rides d’expression.
    • Acide hyaluronique pour volumes (lèvres, pommettes, cernes, menton).
  • Lasers et appareils :
    • Rajeunissement cutané, taches pigmentaires, rougeurs, cicatrices.
    • Épilation laser définitive.
  • Autres :
    • Peelings médicaux plus profonds.
    • Skinboosters, PRP, biostimulateurs, etc.

La Suisse a aussi un acteur majeur mondial, Galderma (fils de Nestlé à l’origine, basé en Suisse), qui est aujourd’hui l’un des plus gros players mondiaux sur les injectables (fillers et neuromodulateurs), ce qui illustre bien l’importance du pays dans ce domaine.


4. Relooking, conseil en image & personal branding

C’est le segment le plus “jeune” mais qui s’est fortement développé avec :

  • La montée des réseaux sociaux et du personal branding.
  • Les besoins d’expats, cadres, entrepreneurs qui veulent une image cohérente avec leur fonction.

On trouve désormais en Suisse des consultants en image et stylists à Genève, Lausanne, Zurich, Bâle, Berne :

  • Services typiques :
    • Analyse de style et de colorimétrie.
    • Tri de garde-robe à domicile.
    • Accompagnement shopping.
    • Coaching pour photo de profil, LinkedIn, pitch, prise de parole.
  • Positionnement souvent orienté :
    • Confiance en soi & développement personnel.
    • Image professionnelle (dirigeants, avocats, médecins, indépendants).
    • Approche durable : acheter moins mais mieux, utiliser mieux sa garde-robe.

On voit aussi apparaître des offres B2B (formation d’équipes, dress codes pour entreprises, image de marque des collaborateurs).


5. Chirurgie esthétique : moins tabou, plus structurée, toujours très réglementée

La chirurgie esthétique reste une pratique médicale spécialisée, fortement encadrée :

  • La Suisse n’est pas dans le top 10 mondial en volume, mais suit les tendances internationales en termes de types d’interventions les plus demandées : chirurgie des paupières, rhinoplastie, augmentation mammaire, lipoaspiration, lifting, etc.
  • Les statistiques ISAPS montrent globalement une croissance continue des actes esthétiques au niveau mondial, et les cliniques suisses rapportent une demande croissante, y compris chez les hommes (paupières, nez, lipo, correction gynécomastie).

Évolution notable :

  • Avant : chirurgie esthétique = quelque chose de rare, lourd, souvent vécu comme “gros changement”.
  • Aujourd’hui :
    • Beaucoup de patients viennent en Suisse pour une approche prudente, sécuritaire et discrète.
    • La chirurgie est souvent complémentaire de la médecine esthétique (par ex. : injections pendant des années, puis à un moment, un lifting ou une blépharoplastie).
    • Montée des concepts de récupération rapide, mini-lift, techniques moins invasives, prise en charge globale (nutrition, arrêt du tabac, suivi psychologique si besoin).

6. Tendances transversales dans les services esthétiques en Suisse

Pour finir, quelques grandes tendances qui traversent tous ces métiers :

  1. Explosion de l’offre
    • Coiffeurs, esthéticiennes, barbiers, nail bars, cliniques, médecins esthétiques, coachs en image…
    • La concurrence est forte, ce qui pousse à se spécialiser et à soigner la qualité de service.
  2. Clientèle plus large et plus informée
    • Les hommes et les seniors consomment de plus en plus de services esthétiques (coiffure, soins visage, injections, chirurgie).
    • Les clients comparent en ligne, lisent les avis, regardent les avant/après, exigent de la transparence.
  3. Digitalisation massive
    • Réservation en ligne, Instagram/TikTok comme vitrines, Google avis, campagnes locales.
    • Positionnement SEO/AEO pour ressortir sur des recherches très précises (“épilation laser Lausanne”, “médecine esthétique Genève”, etc.).
  4. Recherche de naturel & d’éthique
    • Meilleure information sur les risques, les complications, le sur-traitement.
    • Demande de résultats “naturels”, “fraîches” et parfois réversibles (acide hyaluronique, techniques respectueuses de la morphologie).
    • Intérêt croissant pour les produits bio, vegan, cruelty-free, et pour les approches durables.
  5. Médicalisation progressive du secteur
    • Les frontières entre institut, cabinet médical et clinique se sont rapprochées :
      • esthéticiennes qui collaborent avec des médecins,
      • cliniques qui intègrent coiffeur, esthétique, nutrition, coaching,
      • relooking & image consulting reliés à la médecine et à la chirurgie esthétique haut de gamme.

Si tu veux, on peut faire ensuite un zoom séparé sur un segment précis (par exemple : seulement la médecine esthétique, ou seulement la chirurgie esthétique en Suisse) pour aller beaucoup plus dans le détail – indications, profils de patients, évolution sociologique, etc.