1. Les services de déménagement : du cheval au camion spécialisé
Au 19ᵉ siècle, le “déménagement” c’est surtout :
- des charrettes tirées par des chevaux,
- quelques transporteurs locaux qui déplacent meubles et marchandises pour les familles, les artisans, les commerces.
Avec :
- l’industrialisation (fin 19ᵉ – début 20ᵉ),
- l’urbanisation (Zurich, Genève, Lausanne, Bâle, Berne qui grossissent vite),
- le développement du rail,
les gens se déplacent plus, changent de ville pour le travail, s’installent en périphérie. La demande de déménagement organisé augmente.
20ᵉ siècle : naissance des entreprises de déménagement modernes
- Arrivée du camion : plus de volume, plus de distance, plus de flexibilité que la charrette.
- Apparition d’entreprises de déménagement structurées :
- emballage,
- démontage/remontage de meubles,
- monte-meubles,
- stockage temporaire.
- Après 1945 : reconstruction, essor économique, construction de logements → explosion des déménagements privés et professionnels.
Les déménageurs se spécialisent :
- déménagements privés locaux,
- déménagements internationaux (France, Allemagne, Italie, Portugal, etc.),
- transport d’objets sensibles : pianos, œuvres d’art, équipements d’entreprise, laboratoires, serveurs, etc.
Aujourd’hui le secteur est très concurrentiel, avec :
- des petits indépendants (un camion + 2–3 employés),
- des PME régionales,
- des grands groupes internationaux présents en Suisse.
2. Transport de marchandises : rail, route, tunnels alpins
19ᵉ siècle : le rail comme colonne vertébrale
- 1847 : première ligne ferroviaire suisse Zürich–Baden (“Spanisch-Brötli-Bahn”). (Wikipédia)
- Par la suite, le réseau s’étend rapidement, relié aux pays voisins.
- Le rail devient le moyen principal de transport de marchandises (charbon, matières premières, produits industriels).
20ᵉ siècle : boom, crises, puis spécialisation
Au début du 20ᵉ siècle :
- le fret ferroviaire représente environ 1,5 milliard de tonnes-km.
- Avec le temps, la route progresse (camions plus fiables, réseau routier qui s’améliore).
Après 1945 :
- le trafic de marchandises explose, en particulier le transit nord–sud à travers les Alpes.
- La Suisse devient un corridor logistique entre Allemagne/Benelux et Italie.
- Le volume de marchandises transportées sur les axes alpins plus que double entre 1981 et aujourd’hui.
En parallèle :
- la Suisse adopte une politique de protection des Alpes, en essayant de transférer une partie importante du fret de la route vers le rail (tunnel du Lötschberg, tunnel de base du Gothard, etc.).
Aujourd’hui
- Rail : environ 9–10 milliards de tonnes-km par an en Suisse.
- Route : dominante sur les distances courtes/moyennes, avec un tissu dense de transporteurs routiers et de logisticiens.
- Les déménageurs s’insèrent là-dedans comme spécialistes B2C/B2B du transport de biens “sensibles” (habitations, bureaux, machines).
3. Transports publics : le “réseau suisse” comme colonne vertébrale
a) Le rail voyageurs
- 1847 : première ligne Zurich–Baden, point de départ du rail suisse.
- Fin 19ᵉ : le réseau ferroviaire couvre l’essentiel du pays, mais les Alpes restent un défi.
- 1882 : ouverture de la ligne du Gothard.
- 1906 : ouverture de la ligne du Simplon.
Le rail structure :
- les liaisons inter-cantonales,
- les flux pendulaires (banlieues vers centres urbains),
- le transport touristique (montagnes, lacs, stations de ski).
Aujourd’hui :
- Les CFF/SBB et de nombreuses compagnies régionales gèrent un réseau extrêmement dense et ponctuel, avec un cadencement à la demi-heure/heure sur la plupart des axes.
b) Trams, bus et trolleybus
Dans les villes :
- Fin 19ᵉ – début 20ᵉ : apparition des premiers tramways à Zurich, Genève, Bâle, Berne.
- 1930–1950 : certaines villes remplacent une partie des trams par des trolleybus (bus électriques reliés par lignes aériennes).
- À partir des années 1990–2000 : modernisation massive des réseaux urbains (tram modernes, BHNS, extensions dans les banlieues).
Aujourd’hui :
- Zurich, Genève, Bâle, Berne, Lausanne etc. ont des réseaux très denses de trams et bus.
- Lausanne est la seule ville de Suisse avec un métro (M1 + M2), le M2 étant une ligne automatique mise en service en 2008.
c) Les cars postaux (PostBus)
Pour connecter les régions rurales et montagneuses :
- 1849 : mise en place du réseau de diligences postales (chevaux + courrier + quelques passagers).
- 1906 : première ligne de cars postaux motorisés (Bern–Detligen).
- Ensuite, le réseau de cars postaux se déploie dans tout le pays, particulièrement dans les vallées alpines où il n’y a pas de train.
Aujourd’hui :
- Le car postal est un symbole national : jaune, klaxon tri-ton, dessert les villages, stations de montagne, cols.
d) Un système intégré
Depuis des décennies, la Suisse pousse une logique de réseau intégré :
- horaires cadencés nationaux,
- correspondances synchronisées train–bus–tram–bateau–funiculaire,
- systèmes de tickets zonaux (par ex. ZVV à Zurich).
Résultat : une des densités de transport public les plus élevées au monde, et une part modale très forte du train dans les déplacements quotidiens.
4. Les premiers aéroports en Suisse
a) Les débuts de l’aviation
- Début 20ᵉ siècle : premiers meetings aériens, petits terrains d’aviation.
- 1910 : ouverture de l’aérodrome de Dübendorf, près de Zurich, qui devient un important centre militaire et, au début, le principal aéroport de la région zurichoise.
b) L’entre-deux-guerres et Swissair
- 1931 : création de Swissair, compagnie nationale, basée à Zurich, par fusion de Balair et Ad Astra Aero.
- Les vols restent encore limités mais structurent déjà des liaisons européennes.
c) L’après-guerre : naissance des grands aéroports modernes
Après la Seconde Guerre mondiale, la Suisse décide de se doter de véritables plateformes aériennes internationales :
- Genève-Cointrin : déjà utilisé comme aérodrome, il est développé et devient un des trois aéroports majeurs du pays.
- Zurich-Kloten :
- 1946 : la population zurichoise approuve la construction d’un nouvel aéroport international à Kloten.
- 1948 : ouverture officielle de l’aéroport de Zurich, qui remplace progressivement Dübendorf pour le trafic civil.
- Il devient le principal hub aérien du pays.
- Bâle-Mulhouse :
- Aéroport binational (France/Suisse), développé aussi dans l’après-guerre, complète le triangle des grands aéroports suisses avec Genève et Zurich.
d) L’aviation comme maillon du réseau
Les aéroports s’articulent avec :
- les CFF (gares à Zurich, Genève Aéroport),
- les réseaux de bus, trams, autoroutes.
La logique est la même que pour tout le reste du transport suisse : interconnexion maximale.
5. Le fil conducteur : un pays petit, montagneux… donc ultra-organisé
Pour résumer le film :
- Les services de déménagement sont passés du cheval au camion spécialisé, profitant du développement des villes, des routes et du commerce.
- Le transport de marchandises s’est structuré autour du rail puis de la route, avec une politique très particulière de protection des Alpes et de transfert modal vers le rail.
- Les transports publics (train, tram, bus, car postal, métro) ont été pensés comme un réseau intégré dès le 19ᵉ siècle, ce qui donne aujourd’hui un système quasi exemplaire.
- Les premiers aéroports (Dübendorf, puis Genève-Cointrin, Zurich-Kloten, Bâle-Mulhouse) ont complété ce dispositif en donnant une ouverture internationale forte à un pays sans accès à la mer.